En France, il n’y a pas moins de onze jours fériés dans l’année, inscrits dans le Code du travail, dont le 8 mai selon l’Article L.3133-1. Excepté le 1er mai, le reste des jours fériés n’est pas obligatoirement chômé d’après la loi. L’employeur n’est donc pas en faute s’il demande à ses salariés de venir travailler le 8 mai. Quant aux employés, refuser de travailler le 8 mai peut leur faire risquer une sanction disciplinaire qui peut aller jusqu’au licenciement. Toutefois, de nombreuses entreprises accordent à leurs salariés le droit de ne pas travailler un jour férié ordinaire.


En 2019 : Mercredi 8 Mai

En 2020 : Vendredi 8 Mai

En 2021 : Samedi 8 Mai


 

Le 8 mai, un jour férié ordinaire

Même si le 8 mai est fixé comme un des jours fériés légaux en France, cela ne signifie pas que les salariés peuvent automatiquement ne pas travailler ce jour. Ce jour férié est alors qualifié de « jour férié ordinaire » pendant lequel l’employeur peut demander aux employés de travailler tout comme il peut leur accorder le repos. Dans le cas où le 8 mai est travaillé dans une entreprise et qu’un employé décide de ne pas se présenter au travail ce jour-là, l’employeur n’est pas tenu de le payer.

Si le salarié vient travailler le 8 mai, il percevra le même salaire que celui qu’il reçoit en temps normal sans majoration. En effet, la loi n’a pas prévu de majoration de salaire sur le fait de travailler un jour férié. Toutefois, les conventions collectives sont souvent moins réticentes sur le sujet et peuvent définir que les 10 jours fériés de l’année soient chômés et payés.

 

Les exceptions

Comme le 8 mai est un jour férié ordinaire, les employés vont en principe au travail sauf dispositions contraires des conventions collectives, d’un accord d’entreprise ou d’un usage.

Toutefois, faire travailler un jeune travailleur ou un apprenti de moins de 18 ans un jour férié même ordinaire est interdit par la loi. En effet, d’après l’Article L.3164-6 du Code du travail, les jeunes travailleurs ne peuvent travailler les jours de fête reconnus par la loi.

En outre, l’Article L.3164-8 du Code du travail stipule que dans les secteurs pour lesquels les caractéristiques particulières de l’activité le justifient et dont la liste est fixée par décret en Conseil d’État, une convention ou un accord collectif de travail étendu, une convention ou un accord d’entreprise ou d’établissement peut définir les conditions dans lesquelles il peut être dérogé aux dispositions de l’article L.3164-6. La seule réserve : les jeunes travailleurs intéressés par ces dérogations bénéficient des dispositions relatives au repos hebdomadaire fixées aux articles L.3132-2 et L.3164-2.

 

La journée de solidarité un 8 mai

La journée de solidarité créée par la loi du 30 juin 2004 peut être choisie le jour férié ordinaire du 8 mai. Toutefois, il conviendra de consulter les dispositions des conventions collectives de l’entreprise concernant le jour retenu pour la journée de solidarité (Circ. DRT n°2004-10 du 16 Décembre 2004).

 

La rémunération du 8 mai

En principe, un salarié qui travaille le 8 mai ne perçoit aucune majoration légale de salaire. En effet, le repos pendant un jour férié n’est pas obligatoire, sauf pour le jour du 1er Mai et pour les jeunes salariés de moins de 18 ans.

  • La rémunération du 8 mai chômé

Dans le cas où les conventions collectives, un accord d’entreprise ou un usage ont prévu le chômage des salariés le 8 mai, la rémunération est maintenue à son montant habituel. Seule condition : les salariés mensualisés puissent justifier de 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise. Dans l’Article L.3133-3 du Code du travail, il est dit que le chômage des jours fériés ne peut entraîner aucune perte de salaire pour les salariés totalisant au moins 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise ou l’établissement.

Ces dispositions s’appliquent aux salariés saisonniers si, du fait de divers contrats successifs ou non, ils cumulent une ancienneté totale d’au moins trois mois dans l’entreprise. Ces dispositions ne s’appliquent ni aux personnes travaillant à domicile, ni aux salariés intermittents, ni aux salariés temporaires. La condition d’ancienneté s’applique sauf disposition conventionnelle ou usage plus favorable au salarié.

  • La rémunération du 8 mai travaillé

Lorsque le jour férié ordinaire du 8 mai est travaillé dans l’entreprise, l’employeur rémunère ses employés à leur salaire normal. Aucune majoration de salaire ni rémunération spéciale n’est prévue par la loi, sauf dispositions conventionnelles ou contractuelles qui affirment le contraire (Cass. Soc. 4 décembre 1996, n°94-40693, BC V n°421). Par ailleurs, si les conventions collectives ont prévu une majoration de salaire pour les travaux exceptionnels des jours fériés, cette majoration n’est pas versée au salarié qui travaille habituellement pendant les jours fériés (Cass. Soc. 26 février 2003, n°00-46726).

 

La petite histoire de ce jour férié

Le 8 mai est une date riche d’histoire et de rebondissements. Cette date est effectivement un symbole de la victoire des Alliés (Union soviétique, États-Unis, Royaume-Uni, France libre…) sur l’Allemagne nazie en 1945. Elle marque la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe. Cette date rappelle également les massacres tragiques de Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie, et correspond aussi à des célébrations en l’honneur de Jeanne d’Arc qui avait alors délivré Orléans le 8 mai 1429.

La loi n°46-934 du 7 mai 1946 définit le 8 mai si la date tombe un dimanche, ou le dimanche suivant comme date de commémoration de la victoire de 1945. En 1953, le 8 mai est devenu un « véritable » jour férié comme l’est le 11 Novembre. En 1959, un décret du gouvernement du général de Gaulle décide que le 8 mai n’est plus férié, mais qu’il serait fêté le deuxième dimanche du mois. En 1965, le 8 mai est exceptionnellement rétabli en jour férié pour fêter le 20ème anniversaire de la victoire des Alliés.

En 1975, le président français Valéry Giscard d’Estaing décide d’annuler la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la reddition des armées allemandes, pour marquer la réconciliation de la France avec les Allemands. En 1981, le président François Mitterrand rétablit quant à lui le 8 mai comme jour de commémoration nationale. Et enfin, la loi du 23 septembre 1981 a rétabli le 8 mai comme jour férié légal.