Le gouvernement confirme son intention de supprimer deux jours fériés dès 2026, une mesure qui pourrait générer 4,2 milliards d’euros d’économies pour le budget de l’État. Selon un document d’orientation adressé aux partenaires sociaux, l’exécutif envisage de retirer le caractère chômé du lundi de Pâques et du 8 mai, aussi bien pour les salariés du secteur privé que pour les agents publics. Le choix définitif des dates pourrait toutefois être « discuté », à condition que le rendement financier de la réforme reste inchangé.
Un dispositif inspiré de la journée de solidarité
Le texte précise que les salariés « ne seront pas rémunérés davantage pour ces nouvelles heures de travail ». En contrepartie, « les employeurs du secteur privé s’acquitteront d’une contribution qui sera affectée au budget de l’État ». Un schéma calqué sur celui de la journée de solidarité instaurée en 2004, qui avait déjà transformé le lundi de Pentecôte en jour travaillé non payé.
Le Premier ministre François Bayrou justifie cette décision par la nécessité d’augmenter le volume annuel de travail et de soutenir la compétitivité nationale : « C’est un effort demandé aux actifs » qui doit « nous permettre de réduire notre déficit d’activité et de production ». Les partenaires sociaux ont jusqu’au 1er septembre pour indiquer s’ils souhaitent entamer des négociations, lesquelles devront s’achever au plus tard le 30 septembre.
Des modalités encore floues
Le document évoque la possibilité d’« éventuelles spécificités à prévoir pour l’Alsace, la Moselle et Saint-Pierre-et-Miquelon », où le régime des jours fériés est encadré par des dispositions particulières. Il reste également à déterminer comment les entreprises organiseront ces deux journées supplémentaires, notamment pour les salariés déjà mobilisés lors des dates concernées.
Une opposition syndicale forte
Depuis l’annonce, le 15 juillet, des réactions hostiles se multiplient. La CFDT a qualifié la mesure d’« inacceptable », tandis que la CGT dénonce : « On va travailler plus et gagner moins, ils nous volent des jours de congé ». L’intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC) parle d’une « volonté explicite de revenir sur 70 ans de luttes et d’acquis sociaux » et s’engage à « examiner ensemble les moyens de réagir pour contrer ce nouvel accès de brutalité envers la société et le monde du travail ».
Selon un sondage Ifop, 77 % des Français se déclarent opposés à la suppression de ces jours fériés, faisant de cette proposition la moins populaire du plan d’économies présenté par l’exécutif. Plus largement, 72 % estiment que les efforts demandés ne sont pas répartis de manière « équitable ».
Une réforme inscrite dans un plan plus large
Cette mesure s’inscrit dans un ensemble de réformes budgétaires comprenant également une nouvelle négociation sur l’assurance chômage, avec pour objectif de dégager entre 2 et 2,5 milliards d’euros d’économies annuelles à partir de 2026, et jusqu’à 4 milliards en rythme de croisière à l’horizon 2030.
Si la suppression de deux jours fériés se concrétise, ce serait la plus importante révision du calendrier chômé depuis l’instauration de la journée de solidarité il y a plus de vingt ans.