L’Article L.3133-1 du Code du travail définit onze jours du calendrier français comme des jours fériés reconnus de façon légale. Le jeudi de l’Ascension en fait partie, et ce jour à dominante religieuse n’est pas nécessairement chômé et payé au regard de la loi du travail. En effet, en théorie, seuls la fête du Travail, le 1er Mai sont chômés et payés selon l’Article L.3133-4 du Code du Travail.


En 2019 : Jeudi 30 Mai

En 2020 : Jeudi 21 Mai

En 2021 : Jeudi 13 Mai


 

Un jour férié ordinaire

Comme le lundi de Pâques, le 1er Mai, le 8 mai, le lundi de Pentecôte, le 14 Juillet, l’assomption, le 11 Novembre et le jour de Noël, le jeudi de l’Ascension est un jour férié légal comme le stipule le Code du travail dans son Article L.3133-1. Le jeudi de l’Ascension est un jour férié ordinaire, qui peut être chômé ou non en fonction des dispositions de la convention collective applicable au salarié.

  • Le jeudi de l’Ascension est un jour férié chômé

Dans le cas où la convention collective de l’entreprise a prévu qu’il soit férié et chômé, le salarié a le droit de refuser de venir travailler même si l’employeur le lui demande. Il percevra sa rémunération normale. Dans l’éventualité où le salarié décide d’accepter de venir au travail un jour férié chômé, il sera doublement payé comme pour le 1er mai travaillé.

  • Le jeudi de l’Ascension est un jour férié travaillé

Dans le cas où un accord d’entreprise ou une convention collective prévoit que le jeudi de l’Ascension est un jour férié travaillé, le salarié est tenu de se présenter à son poste. Le cas échéant, il s’exposera à une sanction disciplinaire qui peut aller jusqu’au licenciement. L’employeur est également en droit d’opérer une retenue sur salaire pour le temps de travail relatif à l’absence du salarié le jeudi de l’Ascension.

  • Le jeudi de l’Ascension coïncide avec le 1er Mai

Dans le cas où le jeudi de l’Ascension tombe le même jour que le 1er Mai, et que la convention collective a prévu un jour férié chômé pour cette date, cette coïncidence ouvre droit à un jour de congé supplémentaire.

En effet, si deux jours fériés tombent à la même date, le salarié a le droit de récupérer un jour supplémentaire parce que les hasards du calendrier lui ont fait « perdre » un jour de repos. Dans le cas où la convention collective n’a pas prévu le chômage pour le jeudi de l’Ascension qui tombe le même jour que le 1er Mai, le salarié perd un jour de congé. Ce ne sera pas le cas si la convention collective a prévu la récupération des jours fériés.

 

Les exceptions

Même si les conventions collectives ou un accord d’entreprise ont prévu le travail des salariés le jeudi de l’Ascension, la loi interdit de faire travailler les apprentis, les jeunes travailleurs et les stagiaires âgés de moins de 18 ans. Cette disposition est indiquée dans l’Article L.3164-6 du Code du travail. Cependant, il est possible que ces jeunes travailleurs viennent au travail le jeudi de l’Ascension, s’ils sont employés dans certains secteurs d’activité (listés à l’Article R 3164-2 du Code du travail) à condition d’une disposition particulière dans la convention collective.

 

Le jeudi de l’Ascension comme journée de solidarité

Le jeudi de l’Ascension pourra être retenu comme journée de solidarité, comme ce jour férié est un jour férié ordinaire. Si le jeudi de l’Ascension a été choisi comme journée de solidarité, les jeunes travailleurs mineurs ne pourront pas venir travailler, sauf s’ils sont employés dans l’un des secteurs d’activité spécifiés par la dérogation ci-dessus (hôtellerie, restauration, boulangerie, cafés, tabacs et débits de boisson…).

 

La rémunération du jeudi de l’Ascension

Durant le jeudi de l’Ascension, la rémunération du salarié reste le même que pour une journée de travail ordinaire. Seul le 1er Mai est payé double si ce jour férié est travaillé selon les dispositions de l’Article L.3133-6 du Code du travail.

  • Le salarié ne travaille pas le jeudi de l’Ascension

Selon le Code du travail (Article L.3133-3), un employé payé par mois et qui totalise plus de 3 mois d’ancienneté dans l’entreprise ne peut pas subir une réduction de sa rémunération en raison d’un jour férié chômé au cours du mois. L’employeur est alors tenu de maintenir la rémunération de ce salarié comme s’il était venu travailler normalement. En revanche, il ne peut pas demander à son employeur une majoration de rémunération.

  • Le salarié travaille le jeudi de l’Ascension

Si le salarié travaille le jeudi de l’Ascension, que ce jour tombe le jour de son repos hebdomadaire ou qu’il s’agit d’un jour normalement travaillé, l’employeur devra lui octroyer en contrepartie, soit une majoration de salaire de 50 %, soit une compensation en repos de 50 % des heures travaillées.

 

Le pont de l’Ascension

Nombreux sont les travailleurs qui profitent du jeudi de l’Ascension pour bénéficier d’un long week-end de 4 jours. Il s’agit du pont de l’Ascension. Le Code du travail ne prévoit pas de disposition particulière quant au pont de l’Ascension. Le choix d’accorder ou non ce pont est remis à la décision de l’employeur, surtout si les conventions collectives ou un accord d’entreprise n’ont pas prévu de règles sur le sujet.

 

La petite histoire du jeudi de l’Ascension

Le jeudi de l’Ascension est un jour de fête à caractère principalement religieux, il fait partie des 4 fêtes chrétiennes cardinales. Ce jour est une commémoration de la religion catholique, de l’élévation du Christ. Selon l’Église, quarante jours après le dimanche de Pâques et dix jours avant la Pentecôte, Jésus entre dans le ciel avec son corps. C’est l’Ascension qui est toujours célébrée chaque année un jeudi, en général au mois de mai, entre le 30 avril et le 3 juin compris.

La date est variable, car elle dépend de celle de la célébration de Pâques. Depuis 1801, date du concordat signé par Napoléon Bonaparte avec le pape Pie VII, le jeudi de l’Ascension est reconnu férié en France. Il en est de même dans de nombreux autres pays comme l’Allemagne, la Belgique, la Suisse, le Danemark, ou l’Islande.